Midi Libre

Beziers. Justice
Sous surveillance policière, il finit en prison

«Pouvez-vous cesser
de gigoter comme ça», lance la présidente Ougier au prévenu qui vient de se présenter devant son tribunal.
Ce dernier se ressaisi un instant, mais ne tient pas la pose bien longtemps. Accro au cannabis qu’il mélange avec des somnifères, l’homme de 26 ans est un brin fatigué psychologiquement et physiquement. Mais pour autant, cela ne l’empêche pas de s’adonner au trafic de stupéfiant. «

Vous faisiez l’objet d’une surveillance policière à la suite d’une dénonciation,
explique la présidente Ougier qui rappelle plusieurs fois à l’ordre le prévenu,
vous avez été interpellé en pleine transaction. Et lors de la perquisition à votre domicile, les enquêteurs ont trouvé chez vous neuf barrettes de cannabis pour un poids de 33,5 grammes.» Les policiers ont aussi trouvé à son domicile un chéquier et des papiers d’identité provenant d’un vol à la roulotte, mais une erreur de procédure dénoncée par l’avocat de la défense Me Desruelles fera que ce motif d’inculpation ne sera pas retenu lors de l’audience de mercredi dernier. Pour le reste, le prévenu reconnaîtra être en possession de cannabis pour sa consommation personnelle.
«Je vends une barrette pour me payer les miennes, ce n’est pas en faire commerce», expliquera-t-il au tribunal.
«En plus c’est juste pour dépanner des connaissances.» Vu son état psychologique, la présidente Ougier demande au prévenu s’il consomme de la cocaïne. «

Non, je déteste. J’ai vu les dégâts que cela pouvait faire dans la famille. Je ne touche pas à ça
», rétorque-t-il. «

Oui mais le cannabis mélangé au Lexomil, je ne suis pas sûre du résultat. Et vous?
» «C’est le médecin qui me marque ce médicament.»

Pour le procureur Mathé, les faits de trafic sont constitués car les barrettes étaient conditionnées pour la revente. Il demandera 2 ans de prison ferme avec mandat de dépôt. Pour Me Desruelles:
« Mon client a besoin du cannabis pour se calmer. Il a des problèmes nerveux et physiques, mais il ne peut pas bénéficier de thérapie adéquate.»

Et il dénonce, une enquête trop rondement menée. «
Les policiers n’ont pas pris le temps, dans cette affaire, d’aller chercher plus haut dans le trafic. C’est une petite main qui est ici présentée.»

Et de continuer sur les réquisitions du procureur, «
Cette réquisition est déraisonnable. Pour un primo délinquant je ne peux concevoir une telle peine car en plus, on a un trafic qui ne dure que depuis le mois de juillet.»

Il sera entendu, son client ne sera condamné qu’à un an de prison ferme avec mandat de dépôt.

Jean-Pierre AMARGER

Tags: prison, procès, saisie

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