La balle au prisonnier… fourrée à la résine de cannabis et à la poudre

http://humour.pafzone.com/photo/00068.jpgUne petite semaine, et on y retourne. Claude Musiol ne sera resté que sept jours en dehors de la maison d’arrêt d’Arras. …

« Juste le temps de profiter des fêtes », s’amuse le substitut du procureur, Adam Chodkiewicz. La justice reproche à cet Arrageois de 30 ans d’avoir tenté de faire passer de la drogue à un détenu. Il était jugé hier en comparution immédiate. Les faits remontent au 1er janvier : Claude Musiol passe devant la maison d’arrêt pour un « parloir sauvage », c’est-à-dire pour communiquer avec des prisonniers en criant, depuis l’extérieur.

Le prévenu assure que deux hommes sont alors allés à sa rencontre et lui ont emprunté son téléphone. « Ils ont appellé et puis ils m’ont dit d’attendre, explique-t-il à la barre. Deux minutes après, quelqu’un leur passait un coup de fil. » Ensuite ces personnes auraient lancé, dans l’enceinte de la prison, une balle de tennis contenant du cannabis et de la poudre, ainsi qu’une bouteille remplie d’un liquide indéterminé. Les policiers ont pourtant arrêté Musiol alors qu’il tentait de s’enfuir des lieux.

« Cette histoire ne tient pas la route un quart de seconde » pour le parquet, qui évoque des faits niés avec « une grande maladresse. Et cette version n’a aucun rapport avec ce qu’il avait raconté aux policiers lors de sa garde à vue. » En effet, Musiol a nié, puis avoué, puis renié… Il dit même, en substance, que les forces de l’ordre ont noté de fausses déclarations. Le substitut du procureur requiert dix mois, dont cinq avec sursis et mise à l’épreuve de trois ans. Et surtout la révocation du sursis qui date d’une ancienne condamnation, soit sept mois de plus. Car Musiol n’est pas un petit joueur. Son casier reflète une vie chaotique, largement passée en prison. La liste est longue vol avec violences, conduite sans permis, trafic de stupéfiants, outrage, violences, soustraction d’enfant, menaces de mort…« Mais personne ne l’a vu lancer la balle et la bouteille, argumente Me Vasseur. Il était simplement dans le coin. Et comme il a un gros casier, c’était forcément lui le coupable. C’est un peu léger. Et je vous rappelle que les surveillants ont vu une voiture partir au moment de son interpellation. Personne ne s’y est intéressé plus que cela. Le dossier a été monté trop rapidement. » Bilan pour le prévenu six mois ferme avec mandat de dépôt, et deux mois de prison en plus pour la révocation de son sursis. •

FRANÇOIS LÉGER

La voix du nord, le 5 janvier 2010

Source : http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Arras/actualite/Secteur_Arras/2010/01/05/article_la-balle-au-prisonnier-fourree-a-la-resi.shtml

Tags: actualité, condamnation, prison

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