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GENEVE, 17 déc 2010 | L’ex-compagne du chef de file des partisans suisses de la légalisation du haschich dont la santé est menacée par une grève de la faim de 113 jours a expliqué vendredi craindre que Bernard Rappaz ne survive pas après Noël.

AFP | 17.12.2010 | 18:14

L’ex-compagne du chef de file des partisans suisses de la légalisation du haschich dont la santé est menacée par une grève de la faim de 113 jours a expliqué vendredi craindre que Bernard Rappaz ne survive pas après Noël.

Bernard Rappaz, 57 ans, a été condamné à cinq ans et huit mois de prison pour avoir cultivé du cannabis dans le canton du Valais. Incarcéré depuis mars, il conteste sa peine par des grèves de la faim qui ont entraîné son placement, depuis octobre, dans la section carcérale de l’hôpital de Genève.

Son ex-compagne Maggie Loretan est la dernière personne à lui avoir rendu visite, samedi dernier, a-t-elle raconté devant la presse à Genève.

“Je pense qu’il ne va pas dépasser Noël, si rien n’est fait”, a poursuivi Mme Loretan, visiblement très émue.

“Il avait toutefois un meilleur moral car il a su que son avocat s’apprêtait à entamer des démarches auprès de la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg”, a-t-elle expliqué, en présence de représentants du comité de soutien international au chanvrier.

L’agriculteur jeûne depuis 113 jours mais consent depuis quelques jours à prendre des “vitamines”, “du sucre et du sel dans son eau”, a souligné de son côté un docteur et homme politique suisse socialiste, Jean-Charles Rielle.

Un comité de soutien international a été lancé début décembre à Paris avec notamment le sociologue suisse Jean Ziegler, les députés européens écologistes Daniel Cohn-Bendit et José Bové et Mgr Jacques Gaillot qui ont demandé aux autorités suisses d’ordonner sans délai la libération de Bernard Rappaz.

“La seule finalité (de cet appel) est qu’il ne meure pas et qu’il n’y ait pas un gréviste de la faim mort aujourd’hui dans une prison suisse… qui plus est à Genève, ville des droits de l’homme”, a expliqué le porte-parole du comité, l’éditeur français Michel Sitbon, lors d’un point de presse à Genève.

Le cas Rappaz est devenu une affaire d’Etat opposant juges, médecins, et hommes politiques helvétiques.

Le tribunal fédéral (cour suprême) a ordonné aux médecins d’alimenter de force le détenu, ce que ces derniers ont refusé, jugeant que cela était contraire au principe du “respect absolu de la volonté d’un patient capable de discernement”.

Tags: grève de la faim

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