En 2010, notre communication et nos actions avaient pour thème la loi de 1970 dont c’est le quarantième anniversaire. Il était question de réunir associations d’usagers et associations de réduction des risques afin de monter des actions communes.

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le 30/12/2010

Une première réunion s’est déroulée en présence de nombreux acteurs dont le CIRC qui a plaidé pour une manifestation collective exigeant l’abrogation de la loi de 1970 alors que les autres associations se demandaient où et comment trouver l’argent nécessaire pour organiser une conférence européenne sur le sujet. Une deuxième réunion a eu lieu, la troisième a été annoncée, mais les emplois du temps des uns et des autres ont fait qu’elle ne s’est jamais concrétisée.

On vous l’avait promis pour le printemps, mais il est arrivé en été le nouveau site du CIRC… Mais maintenant qu’il est là, tout beau tout neuf, pour des questions de coordination, les textes ne sont pas publiés en temps et en heure… Un problème qui devrait être résolu prochainement.

Néanmoins, vous trouverez sur le site du CIRC nos nouveaux tracts à distribuer sans modération ainsi qu’un historique de la loi de 1970 et un texte spécialement consacré à l’article L 34 21-4, l’article de loi qui punit « la présentation sous un jour favorable » de 5 ans de prison et de 75 000 euros d’amende comme me le rappelait opportunément le préfet dans son courrier d’avant « l’Appel du 18 joint ».

Les menaces proférées par la préfecture de police de sauter sur tout fumeur de pétard et de relever toute « présentation sous un jour favorable du cannabis » lors de « l’Appel du 18 joint » n’a pas empêché les partisans de la légalisation de venir en nombre protester contre la politique de « tolérance zéro » imposée par la Mildt.

Finalement, Le préfet n’a pas mis à exécution ses funestes projets, le Sound System RBH a soutenu en musique nos revendications et les associations (Act Up, Aides, Anitea, Asud, Cect …) ainsi que les organisations politiques (Les Verts, Npa, Mjs…) sont venus dire tout le mal qu’elles pensaient de la loi de 1970. Les grands absents du rassemblement étaient comme les années précédentes les journalistes.

Sur le front des drogues, les « salles de consommation à moindres risques » ont fait l’actualité en 2010. Conçus pour permettre aux plus précaires de se droguer dans un environnement médicalisé, ces dispensaires qui fonctionnent déjà dans plusieurs pays d’Europe déchaînent les passions. Alors que des députés de gauche comme de droite défendent l’installation de « salles de consommation supervisées » au nom de la réduction des risques, la Mildt soutenue par François Fillon donne une nouvelle fois la preuve que la santé publique est le cadet de ses soucis.

Quant au cannabis, l’actualité se répète d’une année sur l’autre. En 2010, le consommateur a été l’objet d’une intense répression, un effet secondaire de la politique du rendement imposée aux policiers et de la politique de tolérance zéro dictée aux juges… C’est ainsi que plus en plus de simples usagers se retrouvent en prison ou sont condamnés pour des broutilles à des peines figurant dans leur casier judiciaire.

Autre préoccupation du gouvernement (une préoccupation partagée par toute l’Europe) l’essor sans précédent de l’auto-production. Dans son rapport 2010, L’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (Ondrp) consacre quelques pages à ce sujet brûlant.

Il y a dix ans, 90 % des cannabinophiles fumaient du haschich. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 60 %. Sur les 40 % qui préfèrent la beuh au shit, 47, 7 % affirment fumer de l’herbe locale. Comme l’avait prédit le CIRC, la répression, la piètre qualité et le prix du cannabis sur le marché ont « boosté » la culture en intérieur à la ville comme à la campagne. Toujours dans le même rapport, il est écrit que 80 % produisent uniquement pour leur consommation personnelle. Et les autres ? Ils seraient 10 % à cultiver pour arrondir des fins de mois difficiles.

En 2010, ça a bougé du côté du cannabis thérapeutique avec la création de deux associations : UFCmed et CECT regroupant médecins et patients pour qui le cannabis est avant tout un médicament.

En 2010, le CIRC a été invité à l’université d’été du Npa et a participé à un débat lors des EGUS.http://www.asud.org/egus/index.php

ET EN 2011 ?

En 2011, nous fêterons les 20 ans du CIRC et « l’Appel du 18 joint » tombe un samedi.

Si nous voulons que le sujet du cannabis soit — comme en 2002 — de la prochaine campagne présidentielle, nous devons réagir chaque fois que l’actualité l’exige, photocopier et distribuer les nouveaux tracts du CIRC, participer à la Marche mondiale et partout en France, organiser des rassemblements festifs et revendicatifs le 18 juin. Des rassemblements que les médias relaieront obligeant les partis politiques lancés dans la course présidentielle à se prononcer sur leur future politique des drogues.

Et si pour fêter les 20 ans du CIRC on appelait les associations de réduction des risques, les syndicats de la magistrature ou des avocats, les mouvements défendant les droits de l’homme, et bien sûr celles et ceux qui font usage du cannabis, à défiler dans la rue pour une autre politique des drogues ?

Tags: circ, newsletter

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