APS (Agence de presse sénégalaise)

Drogue : 10 ans de travaux forcés à Moustapha Wagué pour trafic

Tambacounda, 14 juil (APS) - La Cour d’assises a condamné mercredi à Tambacounda à 10 dix ans de travaux forcés Moustapha Wagué âgé de 39 ans, pour détention usage et trafic de drogue (du chanvre indien), a constaté l’APS.

Le coupable a aussi été condamné à payer 2 millions d’amende, par la cour présidée par le juge Elhadji Mamadou Diouf.

Le 17 octobre 2008, à la suite d’une dénonciation, des éléments du commissariat de police de Tambacounda ont fait une descente au domicile de Moustapha Wagué, au quartier Quinzambougou dans la banlieue sud de Tambacounda.

Sur les lieux où se dégageait encore l’odeur de la fumée du cannabis qu’il venait de consommer, ils ont trouvé 450 grammes de chanvre indien et deux cornets de cette drogue.

Interrogé, l’accusé indique aux policiers que ‘’l’herbe-qui-tue’’ était destinée à sa consommation propre et celle de ses amis, rapporte le dossier d’accusation.

Ses études arrêtées juste après l’obtention du BFEM, Moustapha Wagué s’est rendu en 1988 à Helsinki en Finlande, alors qu’il avait l’âge de 16 ans, avant de revenir au pays. Il indique que depuis cette date il fume le cannabis.

‘’Je ne fume pas de cigarette, je ne fume que ça’’, a-t-il confirmé devant la barre.

Sur sa profession, il en a plusieurs. “Une douzaine ?”, ironise le président. “Non”, non rétorque-t-il, énumérant volontiers la liste de ses activités. Outre sa formation comme secrétaire comptable au Sénégal, il est devenu technicien supérieur en informatique et électricien à Helsinki.

Il répare aussi des téléphones portables. Quelques fois, il a des marchés d’installation dans certains chantiers. Toutefois, ‘’du lundi au vendredi, je suis à la mairie’’, dit-il dans un français assez correct, indiquant qu’il aide les demandeurs à se faire établir des extraits de naissance, en intervenant pour accélérer la délivrance de certaines pièces moyennant des commissions à ceux à qui il rend service.

Racontant les circonstances de son arrestation, l’accusé qui s’estime trahi, indique qu’il était dans sa chambre, quand 30 minutes après avoir reçu la visite d’un certain Amadou Diallo qu’il la connu dans le métier d’électricien, il a vu débarquer les policiers. Ce dernier venait de lui livrer 500 grammes de chanvre à 25.000 francs.

Il était environ 8 heures 9 heures, alors qu’il s’apprêtait à se rendre à la mairie. ‘’Ils m’ont trouvé avec une fille venue réparer son portable’’, raconte-t-il.

A la question du président de la cour de savoir quelle était la finalité de la drogue saisie dans sa chambre, il a indiqué qu’elle était destinée à sa consommation propre et non à la vente. Il explique, au passage, qu’il est asthmatique et qu’il se sert du chanvre comme calmant, précisant qu’il ne fume que le chanvre vert ‘’en vrac, qui est naturel’’, l’autre le rendant plus malade.

‘’Si c’était pour fumer, pourquoi toute cette quantité ?’’, interroge le juge Diouf. ‘’Je ne veux pas que ça me manque, c’est une consommation d’un mois’’, répond l’accusé.

Confirmant les faits reprochés à l’accusé, l’avocat général Karim Diop a invité à une requalification des faits en détention et usage de chanvre indien. Il a relevé que la détention et le trafic de drogue sont réprimés par l’article, 96 du Code des drogues.

‘’L’accusé a toujours contesté être un trafiquant’’, a relevé l’avocat de la défense, Me Babacar Ndiaye. D’après lui, les policiers ont l’habitude d’envoyer une personne appelée un “mouchard” ou un “lapin” avec de l’argent pour acheter de la drogue chez un trafiquant présumé, afin de s’assurer que la drogue que détient ce dernier est destinée à la vente. Si le marché est conclu, la personne en question vient alerter les policiers, qui investissent les lieux.

Ce qui n’a pas été le cas dans cette affaire, a noté Me Ndiaye qui, à la suite de l’avocat général, a demandé que les faits soient requalifiés en usage de chanvre.

Il a aussi demandé une ‘’application bienveillante de la loi’’, signalant que l’accusé, au moment de son arrestation, s’apprêtait à se marier.

Parmi les circonstances atténuantes qu’il lui a trouvées, il a noté qu’il était ‘’laissé à lui seul’’ dans un pays où la marijuana et le cannabis sont légalisés à un âge où il a besoin de surveillance. Son père est décédé alors qu’il avait un an et demi.

‘’Considérez que c’est un citoyen à terre qui vous tend la main pour se relever’’, a-t-il lancé, demandant à la cour de lui accorder une seconde chance.

Prononçant le verdict, le président a indiqué que la cour a reconnu Wagué coupable des chefs de détention, d’usage et de trafic de drogue et, par conséquent, le condamne à une peine de 10 ans de travaux forcés, assortie d’une amende de 2 millions de francs CFA.

ADI/SAB

Note de TDME : C’est pas parce qu’ils sont africains ces juges, qu’il faille se croire encore au moyen-âge. Le monde évolue et les condamnation arbitraires éxagérées comme celle-ci ne sont plus d’actualité, il n’y a que dans les pays attardés en matière de lois, où les dirigeants s’empiffrent pendant que le peuple crève littéralement, que ce genre de connerie est possible. Corruption et acharnement sur les plus faibles sont les maîtres mots au Sénégal… Apparemment… En tout cas de considérer le cannabis comme de “l’herbe qui tue” est digne d’une grande bêtise, c’est clairement ne pas tenir compte de toutes les études qui prouvent que “l’herbe qui tue” fait plutôt vivre, et ne tue personne! Cette “herbe qui tue” soigne même le cancer. Qu’ils se renseignent au lieu de continuer à s’enfoncer dans leurs erreurs préhistoriques au lieu d’apprécier le présent et l’avenir qui se fera avec le cannabis, qu’ils le veuillent ou non, au Sénégal comme ailleurs!

Tags: condamnation, procès, sénégal

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