Au Canada, les vietnamiens sont, selon les chiffres, nombreux à cultiver de l’herbe industriellement, afin de la revendre (à qui?).

Si on doit en croire la presse, c’est 90% des saisies de marijuana au Canada, qui concernent des vietnamiens d’une manière ou d’une autre. Ba Nguyen, président de l’Association vietnamienne du Manitoba “a honte”, et stigmatise lui-même ses compatriotes en affirmant que “Les activités illicites de ces personnes entachent la réputation de cette communauté asiatique qui est composée majoritairement de gens honnêtes et travaillant”.

Que voir ici ? Tout dépend de quel point de vue on se place, évidemment. Le bon prohibitionniste canadien affirmera facilement que les vietnamiens sont un fléau au Canada, dans son beau pays qu’il voudrait sans drogues. D’un autre côté, un militant du chanvre libre ne verrait bien entendu pas du tout les choses comme ça. Mais la vérité se doit d’être neutre, l’analyse plus poussée.

venívenívenívení de El Heart Manda (tous droits réservés)Au Canada, les gens savent pas ce qu’ils veulent ! Ils autorisent, selon les endroits, des dispensaires, appelés là-bas “Clubs Compassion” et ils passent leur temps à coller des procès et envoyer des gens en prison à cause de cette plante inoffensive. A détruire des cultures, au point que les cultivateurs sont obligés d’être de plus en plus discrets, de cacher le mieux possible leur herbe.

On assiste donc à un phénomène qui naturellement fout une trouille bleue à qui connait un peu la loi sur place, aussi le ressortissant canadien évitera le plus possible de cultiver, mis à part pour sa consommation personnelle. Ce marché est de fait repris en main par d’autres, qui ont moins peur, ou qui ont tout simplement moins à perdre… Explication simpliste j’avoue. Mais néanmoins qui tient debout.

Une personne qui fuit un pays au gouvernement malsain, ou encore un pays occupé, en guerre, dirigé par un vilain dictateur (les exemples peuvent être nombreux), aura forcément moins à perdre qu’un bon citoyen d’un pays (faussement) démocratique, où la liberté d’expression et le confort de chacun occupent des places prépondérantes.

Car passer de sa petite maison bien chaude et bien remplie d’objets superflus, à une prison sale et salace, peut être vu comme un énorme cauchemar. Ou encore passer du statut de bon voisin à celui de voisin criminel, aux yeux des autres citoyens les moins tolérants, les plus dans l’ignorance, ou les plus ancrés dans les mensonges éhontés que les organisations anti-drogues en complicité avec les gouvernements, ont toujours dispatchés sur le cannabis, ça peut être assez grave pour une personne qui n’a toujours connu que de bons rapports avec tout le monde.

En revanche, pour une personne qui aura galéré et tout quitté, qui une fois à l’abris dans un pays dit “libre”, ou “riche”, n’aura toujours pas trouvé sa place, continuera à être considéré comme un pestiféré par tout un pan facho de la populace, et bien voyez-vous, pour ces pauvres gens se faire condamner sera forcément moins traumatisant, et donc fera un peu moins peur. Sans compter le fait que ces derniers peuvent aussi avoir des lacunes au niveau de la langue, de la compréhension des limites dans la loi… J’imagine que beaucoup penseront que du fait qu’ils sont dans un pays où la tolérance occupe une grande place, ils pourront se dire qu’ils risquent moins qu’ailleurs en faisant pousser des centaines de pieds de cannabis.

Je ne cesserait jamais de le dire : le cannabis est un produit consommé depuis toujours, partout. Il n’a pas de dose mortelle (certains parlent de 7.5 kilos à avaler tout rond en une fois – pas en deux jours – pour en mourir, l’eau tue plus vite que ça…) et qui plus est il prévient le cancer, et toutes sortes de maladies. Pour un fumeur de tabac, agrémenter sa cigarette d’un peu de cannabis réduira les risques de cancers du poumon! Je m’avance un peu en affirmant cela comme une science exacte. Je suis pourtant persuadé de cela, et que dans peu de temps, des études iront dans ce sens prouver que ce que j’affirme ici est vrai.

Donnons un statut aux cultivateurs, cessons de leur causer des problèmes. Oui ils prennent à bras le corps un marché que l’État ne souhaite pas prendre en main, État qui préférera guérir que prévenir. Soigner le problème à sa base serait de légaliser. Donner un réel statut aux cannabiculteurs qui en font leur métier serait non seulement une bouffée d’air infinie pour la Terre entière, un bénéfice financier non négligeable pour les pays du monde entier, un désengorgement des prisons et des tribunaux, une vie moins basée sur le stress et la peur pour les consommateurs qui pourront alors aller sans se cacher, acheter leur consommation, qui ne seront plus obligés de passer par des filières malsaines pour ça. On y gagnerait TOUS.

Alors, pourquoi continuer à se battre contre des moulins pour les uns, et à observer impuissant pour les autres ? Unissons nous et militons. Voilà mon manifeste.

Image : venívenívenívení de El Heart Manda (tous droits réservés)

Tags: canada, saisie, stigmatisation

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