Note de TDME : Attention, cet article est bourré d’inepties et d’affirmations non fondées. J’ai ajouté des notes au bas de l’article, correspondant aux principaux points qui sont contestables. L’auteur Jean Constantin enchaîne les publications mensongères au sujet du cannabis, et le doute que cette personne est payé par des lobbys aussi bien alcooliques que pharmaceutiques est très fort, ces derniers lobbys ont tout intérêt à ce que la légalisation du cannabis récréatif n’arrive pas, que la médecine cannabique ne se développe pas. Question de profits.

Source, le 4 sept 2011

La réponse de Jean Costentin, pharmacologue.

La demande de légalisation du cannabis n’est pas nouvelle, mais le cannabis n’est plus la «fumette» d’il y a quarante ans. Aujourd’hui, il est beaucoup plus concentré en tétrahydrocannabinol (son principe actif) (3) et imaginer que la commercialisation par une régie nationale d’un produit plus faiblement dosé «calmerait le jeu» est illusoire… Les «Superskunk» et autres «Iceblue» continueraient d’affluer de Hollande (4). Les quelques pays ayant légalisé le cannabis font discrètement marche arrière (5). Des coffee-shops sont fermés à Amsterdam… au prétexte qu’on y a surpris des fumeurs de tabac ! Le combat contre le tabac, qui fait 66 000 morts par an, est loin d’être gagné ; faut-il y ajouter la toxicité du cannabis avec huit fois plus de goudrons cancérigènes (6) ? Et passer d’une addiction à une autre, plus dangereuse (7), car elle abolit la volonté, annihilant tout effort personnel de désintoxication (8). Aligner la législation du cannabis sur celle du tabac multipliera par dix le nombre d’usagers, de 1 600 000 actuellement à 15 000 000 (9), à égalité avec les sujets tabaco-dépendants, mais au risque fort probable que, comme pour le tabac et l’alcool, la loi ne réussisse pas à protéger les mineurs (10).

Une dépendance psychique

Les adolescents, en majorité, respectent la loi (10). Certains, néanmoins, inscrivent sa transgression dans leur passage à l’âge adulte, notamment en consommant du cannabis. Si cette frontière n’existe plus, c’est d’emblée à la porte de l’héroïne qu’ils iront frapper (1), d’autant que l’addiction au cannabis rend beaucoup plus facile l’accrochage par l’héroïne (2). Les tenants de la légalisation du cannabis réclament aussi l’ouverture de «salles de shoots» pour les toxicomanes. Avec davantage de dépendants au cannabis, nul doute que les candidats ne manqueront pas (11)… Quant à supprimer la criminalité (12) par la légalisation du cannabis, autant imaginer les dealers reconvertis dans la vente de glaces et sorbets (13)

La France est le premier consommateur européen de cannabis (14) et ce n’est sûrement pas en légalisant cette drogue faussement douce (15) que nous nous placerons mieux. Sait-on qu’en Suède, le respect des lois associé à une pédagogie efficace produit dix fois moins de toxicomanes que la moyenne européenne ?

Ce n’est pas quand l’incendie s’étend qu’il faut renoncer aux extincteurs. Le cannabis n’est pas un médicament (16), n’en déplaise à ceux qui vont jusqu’à proposer de confier sa commercialisation aux pharmaciens. Il est prouvé que ses goudrons sont cancérigènes pour la gorge et les poumons (17) ; il est démontré qu’il induit une dépression de l’immunité ; on lui doit artérites, infarctus du myocarde, accidents vasculaires cérébraux, cancers du testicule ; il menace le bon développement de la grossesse et du nourrisson ; il est responsable d’accidents dont le nombre est encore trop méconnu au travail, sur la route, dans la vie quotidienne ; la dépendance psychique est particulièrement forte avec troubles de la mémoire, anxiété, dépressions et, chez les plus jeunes, une tendance à la polytoxicomanie, une augmentation des suicides et des troubles schizophrènes. Ces troubles peuvent être aggravés quand ils sont déjà présents et/ou créer une résistance aux traitements qu’on leur oppose, et déclencher de nouveaux épisodes aigus dans les périodes de rémission symptomatique. (18)

Plus tôt l’essayer, c’est plus vite l’adopter et plus intensément se détériorer, car le cerveau humain n’atteint sa maturité qu’après vingt ans (19) ; or, le cannabis perturbe cette maturation (20). Pour notre pays, qui ne peut compter dans la compétition internationale que sur sa richesse humaine, la diffusion en toute légalité d’une drogue qui rend incapable d’apprendre (21) et ôte le courage d’entreprendre (21), reviendrait à annihiler les moyens investis à grands frais dans l’éducation (22) et à ne laisser d’autre espérance dans la vie à une partie de notre jeunesse qu’un horizon bouché de misère et de souffrance (21).


Notes de TDME

(1) Ah bon ? Première nouvelle. Ça c’est très facile à dire mais bien plus difficile à prouver puisque ce n’est pas du tout évident! Ça ressemble et ça complète un peu la théorie de l’escalade qui n’est qu’une chimère.

(2) Alors là vraiment n’importe quoi… Je vois vraiment pas le rapport. Grand connaisseur des deux produits, je m’insurge quant à cette affirmation farfelue. Qu’un pharmacologue puisse dire cela de lui même, ça m’étonne beaucoup. Je soupçonne qu’il se trouve derrière cette personne des lobbys anti-légalisation…

(3) FAUX! Il y a des herbes légères et des herbes fortement dosées. Chacun ne recherche pas le même dosage, et il y a des gens qui préfèrent avoir à fumer moins pour obtenir un effet plus rapidement, et vice versa.

(4) Encore heureux!

(5) FAUX! La Hollande étant donné qu’elle est resté très longtemps le seul pays qui a osé la réelle tolérance, a vu un effet pervers de la prohibition dans les autres pays d’Europe arriver jusqu’à elle : le tourisme de la drogue. Si les autres pays d’Europe avaient suivi, n’étaient pas resté si immobiles dans leurs idées rébarbatives à propos du cannabis, et avaient donc donné la possibilité à leurs peuples d’obtenir plus ou moins légalement de l’herbe de qualité sur place, ce problème aurait été inexistant.

La Hollande ne fait pas marche arrière mais elle a décidé de réserver l’herbe hollandaise aux seuls hollandais. Et elle fait cela au moment où en République Tchèque, se développe des coffee shops “à la tchèque”. Une théorie est qu’elle espère ainsi transmettre son tourisme de la drogue à la République Tchèque. Un autre des effets pervers que ça devrait provoquer est le développement du marché noir et des filières de rue pour touristes adeptes de cannabis. Des hollandais vont aller pour les français dans les coffee, et gratter un peu au passage…

(6) FAUX! Ce n’est pas huit fois, mais quatre fois, si on compare un joint d’herbe pure avec une cigarette de marque marlboro rouge. Étude à l’appui (voir tableau ci-dessous) Et environ 5 fois plus de goudrons pour un joint de tabac mélangé à de la résine ou à de l’herbe. (idem. même tableau)

Source 60 millions de consommateurs

(7) FAUX! Il n’a jamais été prouvé que le cannabis était addictif, ni plus dangereux que la cigarette, d’une. De deux, le tabac est effectivement très addictif, du à la nicotine et autres produits présents dans le papier des cigarettes filtres, mais le cannabis n’est pas du tout addictif, mis à part très faiblement et psychologiquement. Il est très facile de faire l’amalgame entre l’addiction au tabac et celle au cannabis puisqu’il est de coutume de mélanger son herbe ou sa résine au tabac.

(8) FAUX! Encore une affirmation non fondée, décidément cette personne enchaîne les messages faciles, mensonges qu’on a démonté depuis longtemps, et dont on sait qu’ils étaient utilisés afin de faire peur aux éventuels futurs consommateurs. Ou encore des mensonges qui étaient simplement dits par manque d’études sur le sujet. Ce pharmacologue devrait consulter les nouvelles études scientifiques non lobbyistes, et non effectuées dans l’idée de démontrer la toxicité du cannabis, mais réalisées dans des motivations neutres.

(9) Tiens donc! Cet homme est donc voyant… Tous les antiprohibitionnistes, dont les dires sont petit à petit corroborés au fur et à mesure des études qui affluent de par le monde entier, affirment le contraire : la légalisation n’augmentera pas de manière significative le nombre de consommateurs, mais risque au contraire de faire baisser ce nombre…

(10) Les mineurs se foutent de la loi. Pour la plupart ils enfreignent les interdits par curiosité, par défi. Ce qu’ils craignent c’est le courroux parental, les “trempes” qu’ils peuvent se prendre, ou les punitions diverses, selon les méthodes employées par leurs parents, quant à la désobéissance.

(11) Aucun rapport. Les salles de consommation supervisées ne concernent pas les consommateurs de cannabis et la théorie de l’escalade n’a jamais été démontrée ni prouvée.

(12) Juste la criminalité engendrée par la prohibition du cannabis. Les dealers de cannabis, ayant comme concurrent premier l’État, n’en vendront simplement plus. Jamais les militants pour la légalisation n’ont prétendu régler le problème de la criminalité dans son ensemble grâce à cette légalisation. Chaque problème qui engendre un phénomène de criminalité est à prendre à part.

(13) Mais quel humour!… douteux

(14) Et aussi le pays d’Europe avec la législation la plus dure… Ne doit-on pas y voir un signe ? Non hein, certainement pas… (selon ce pharmacologue au discours préfabriqué par le lobby alcoolique)

(15) Les termes drogue dure et drogue douce sont induits par tout ce qu’on sait à propos de plusieurs facteurs, principalement la dépendance, l’accoutumance, toxicité, dangerosité… Et le cannabis est bien en dessous du tabac lui-même (7), et de nombreuses autres drogues. Voir diagramme ci-dessous. (Source)

(16) voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Cannabis_m%C3%A9dical

(17) Mais il est aussi prouvé, petit à petit, au fur et à mesure des études, que ce produit a tendance à le prévenir, le cancer… Voir le livre Cannabis en médecine (éditions Sativa), p. 133 pour les premières études, je cite : «Au début des années quatre-vingt-dix, des scientifiques américains ont conduit des tests sur des rats. Pendant deux années, les animaux ont reçu quotidiennement 50 mg de THC par kg de masse corporelle, ce qui correspond à un dosage très élevé (équivalent à 3500 mg de THC par jour pour une personne de 70 kg). À la fin des tests, la durée de vie était considérablement plus élevé chez les animaux traités avec du THC (taux de survie de 70 %) que chez les animaux non traités (45 %). Le taux de survie plus élevé des animaux traités au THC a surtout été expliqué par un plus faibletaux de cancers. Cette étude a été le point de départ des premières recherches sur les propriétés anti-cancérigènes des cannabinoïdes.»

Hélas les chercheurs sont victimes des lobbys qui cherchent à les empêcher d’accéder à la plante en question, ralentissent leurs recherches, bref leur mettent des bâtons dans les rouages ; et ils s’en plaignent ouvertement, la colère vis à vis de cela est palpable dans leurs discours. À ce propos, lire cet article « 21e édition du symposium de l’International Cannabinoid Research Society » traduit de l’anglais pour TDME.

(18) Voir ici

(19) Parlons-en du cerveau… Il a été prouvé que le cannabis n’attaque pas ce dernier… Je cite : «En 1990, la découverte de récepteurs aux cannabinoïdes situés dans le cerveau et dans le corps, ainsi qu’un cannabinoïde endogène  neurotransmetteur comme l’anandamide (un matériel lipidique dérivé ligand de l’acide arachidonique), suggère que l’usage du cannabis affecte le cerveau de la même manière qu’un composé naturel du cerveau.» Source

(20) J’aurai bien aimé que ce pharmacologue, assurément engagé par les lobbys alcooliques, cite ses sources… Car ce qu’il dit là n’est pas du tout prouvé. L’usage de cannabis ne perturbe pas l’arrivée à maturité du cerveau. Il induit par contre chez certains sujets trop jeunes des névroses obsessionnelles, qui peuvent pour une très petite minorité se transformer en psychoses pouvant mener jusqu’à l’hôpital psychiatrique. Ces sujets ont de toutes façon besoin d’un suivi médical, cannabis ou pas. Jamais les militants pour la légalisation n’ont oublié ces détails. Nous préconisons d’ailleurs une prise en charge des plus jeune et une interdiction de vente aux mineurs. Ce qui répond également au point n°10.

(21) Affirmation non fondée.

(22) Surtout dans la répression… Et le récent rapport de la Global Comission on Drug Policy, qui réunit 19 personnalités non des moindres comme Kofi Annan, a démontré que ces “moyens investis à grands frais” pour citer l’auteur de ce torchon publié dans le journal assurément de droite qu’est le Figaro, l’ont été à perte, et que la dite guerre que ce monsieur voudrait continuer est perdue, et que tout l’argent investit dedans l’a été aussi à perte… Cessons donc de nous leurrer, et légalisons!

Tags: anti-légalisation, Jean Constantin, le Figaro, lobby alcoolique, lobby pharmaceutique, lobbyisme

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