Branchez-vous, le 22 sept 2011

TORONTO – Un chercheur en santé publique suggère au gouvernement fédéral d’adopter une approche plus ouverte et réaliste face au cannabis, une approche semblable à celle qu’on adopte pour l’alcool.

Ottawa devrait tenter de convaincre les consommateurs de «pot» de suivre des règles simples pour réduire les risques associés à cette pratique, plaide l’Association canadienne de santé publique, qui endosse les suggestions du chercheur.

Dans un article publié dans la Revue canadienne de santé publique, le coauteur Benedikt Fischer déplore que l’approche gouvernementale actuelle consiste à éradiquer la consommation de la drogue.

M. Fischer, directeur de recherches à l’université Simon Fraser, en Colombie-Britannique, soutient que la consommation de cannabis est très répandue et qu’il n’est pas réaliste de vouloir tenter de la supprimer totalement. Il recommande plutôt de sensibiliser les Canadiens aux risques associés à cette drogue, et de les convaincre de réduire leur consommation.

Les règles «d’usage moins risqué du cannabis» décrites dans l’article sont inspirées de celles qui prévalent toujours en ce qui concerne l’alcool, explique M. Fischer, en entrevue téléphonique.

«Nous acceptons le fait que cette drogue (l’alcool) existe, que les gens l’adoptent et que les gens aiment consommer. En même temps, il ne s’agit absolument pas d’une substance bénigne, elle peut causer de nombreux problèmes graves, aussi bien pour l’individu que pour la société», a-t-il avancé.

«Pourtant, nous prônons avec l’alcool des interventions très ciblées, plutôt que d’agir avec une approche manichéenne. Nous visons les risques spécifiques avec les meilleurs moyens dont nous disposons (…) plutôt que le retour à la prohibition.»

Même si l’approche la plus sûre est l’abstinence totale, Benedikt Fischer rappelle que certains comportements peuvent réduire les risques associés à la consommation de «pot» — par exemple, retarder le début de la consommation, éviter de conduire un véhicule sous l’influence de la drogue, et utiliser des méthodes de consommation plus sûres que celle d’inhaler un «joint», comme le vaporisateur.

Les individus qui commencent à consommer du cannabis plus tard dans leur vie sont moins à risque de développer des problèmes de santé ou de se tourner vers des substances plus dangereuses.

M. Fischer estime que les médecins devraient aborder le cannabis comme ils abordent l’alcool: une substance potentiellement dangereuse qu’une personne peut apprécier de façon sécuritaire si elle est bien informée.

par La Presse Canadienne

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