C’est pas la première fois que je l’affirme, en prison, le droit au cannabis devrait être d’avantage évident que dehors, étant donné les conditions affreuses dans lesquelles les prisonniers sont : les uns sur les autres vu la surpopulation, la nourriture gratuite est malsaine et souvent bourrée de bromure ou autre médicament assommant, les prisonniers sont traités comme des chien (dans le cas où on est pas un “puissant”) par les gardiens qui manquent assurément de formation psychologique, ils sont très souvent confrontés à des conditions d’hygiène plus que déplorables, et j’en passe. Être détenu ne signifie pas passer outre sur les droits humains les plus élémentaires, passer outre sur une dignité qui devrait être systématique. Devrait…

Aux alentours du début du siècle, en Suisse, les détenus avaient droit régulièrement et gratuitement à des paquets de chanvre. Croyez-le ou pas, je n’invente rien, je tiens ça d’un ami Valaisan militant pour la la légalisation du cannabis, contre l’interdiction aberrante des plantes, des animaux, la nature quoi.

Alors quand je vois un papier comme celui duquel je parle, issu du journal la voix du Nord, je bondit.

Une femme est condamnée à 200 euros d’amende, et deux mois de sursis par le tribunal de Dunkerque, pour avoir voulu donner un peu de résine de cannabis à son mari incarcéré. Elle a voulu faire ce geste vraiment risqué au parloir et s’est faite attraper par les gardiens… Le pire dans tout ça c’est que le dit mari a lui aussi été condamné pour ce geste de générosité (5 mois ferme, rien que ça) : avoir voulu rendre un peu moins désagréable les conditions de détentions de son mari.

A juste titre, l’homme dénonce la disproportion des condamnations entre les Français (blancs) et les Maghrébins…
Sa femme, dénonce, à juste titre aussi, le fait que la France n’est pas un pays de Droit.
Et ils ont raison tous les deux, mais le simple fait de souligner ces injustices vaut à ce couple d’être jugé plus sévèrement, normal me direz-vous (le terme “normal” est employé ici sur un ton ironique…).

L’ironie ? La cour s’en sert à outrance, c’est systématique, quand les arguments manquent aux magistrats, ils sortent tels des magiciens dans leur spectacle, de leur chapeaux, des tirades bien loin d’être neutres. Ainsi, lorsque la femme un peu à bouts se permet l’arrogance d’un « J’ai déjà dit tout ce que vous me demandez. À chaque fois qu’on comparaît, il faut toujours parler du passé » le juge lui répond du tac au tac « Parlez-nous de votre futur ». Mais quel humour… Quelle répartie! Bravo. On se croirait dans la salle d’un théâtre, c’est qu’ils jouent bien leurs rôles, cette comédie est assez réussie…

Mais assez de chichis, on demande depuis de nombreuses années à l’État de décriminaliser l’usage et le commerce du chanvre, qu’il soit ou pas riche en THC. Le cannabis peut être utilisé tel un médicament aux effets secondaires peu nombreux et loin d’être néfastes aussi bien pour la santé que pour l’esprit. Si l’État ne veut pas améliorer les conditions de détention de ses citoyens, qu’il améliore leur quotidien, et en cela le cannabis pourrait être un support assez intéressant.

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Tags: amende, cession, comédie, condamnation, conditions de détention, droits de l'homme, hygiène, parloir, prison, prisonnier, procès, sédation, surpopulation, tribunal

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