Nous allons parler d’un fait sur lequel les militants pour la légalisation des drogues (surtout du cannabis) sont penchés depuis cet été, voire bien avant. Car ça fait déjà un bon moment qu’on entend parler de ce que la Hollande souhaite faire pour essayer de contrer le tourisme de la drogue que ce pays connait depuis longtemps, en raison du fait qu’elle est très longtemps restée la seule en Europe à garder une politique tolérante à propos de la consommation, possession, vente, culture du cannabis.

Qu’elle soit restée toutes ces années l’unique pays européen à posséder ses magasins spécialisés, dans lesquels tout un chacun peut acheter, consommer, et bien entendu posséder du cannabis, a forcément provoqué plusieurs résultats.

Un des premiers résultats c’est un mélange de mauvais sentiments ressentis par les gouvernants des autres pays, la jalousie poussant à la fausse moquerie, sorte de pointage du doigt de ces si beaux Pays-Bas, de la part du reste de l’Europe, les représentants des autres pays ont toujours vu cette tolérance d’un mauvais oeil, comme si la Hollande était le vilain petit canard de la politique des drogues. Jalousie car ce pays gagne beaucoup d’argent sur le cannabis, son économie devant rapporter par exemple, environ 1 milliard d’Euros en France s’il était légalisé et pris en main par les services de santé français, selon Pierre Kopp, économiste, pour un article du Monde datant du mois d’août.

Le second résultat direct de ce monopole commercial c’est le tourisme de la drogue. Comme aucun autre pays n’a jamais voulu (mis à part depuis un petit moment, où l’on commence à voir certains pays, notamment la République Tchèque, imiter très – trop ? – en retard les Néerlandais) suivre l’exemple hollandais, au fur et à mesure que le temps à passé, de plus en plus nombreux ont été les étrangers à affluer à travers la frontière, non pas pour venir passer un week-end ou une ou deux semaines de vacances en tant que touriste des plus respectueux de base, mais bien dans l’unique idée de consommer du cannabis (parfois aussi de se payer une péripapétipute). La suite on la connait : les routes (autoroutes) ne sont plus du tout sûres, les rues des grandes villes hollandaises sont dangereuses, certaines sont devenues de véritables coupes-gorge, les drogues dures sont presque en vente aussi libres que la marijuana, en bref le pays entier est presque pris en otage du manque de discernement des autres pays, de ne pas vouloir oser faire le pas et s’occuper enfin des consommateurs locaux autrement que par la répression et la morale : se droguer c’est mal

Assez récemment, on a pu voir dans la presse une nouvelle étonnante. La Hollande souhaite que son cannabis ne soit plus vendu qu’à des Hollandais, espérant ainsi enrayer ces violences, ces touristes drogués gênants, ces Français, Belges, Allemands, Luxembourgeois, qui n’hésitent pas à consommer dans la rue alors qu’il y a des coffee spécialement pour ça… Afin d’arriver à ce projet, les autorités hollandaises allaient créer des cartes spéciales pour les locaux qui consomment, carte qui ne serait pas délivrée à d’autres ressortissants. Il faudrait être hollandais de souche pour pouvoir acheter l’herbe tant convoitée. A cette fin, des mesures ont été prises pour que la ville de Maastricht, une des villes (avec Breda) qui se rapproche le plus de la frontière belge, ces villes qui connaissent le plus de visites des mauvais touristes responsables de tous les maux du pays, puisse enfin respirer, et que ses habitants hollandais (de souche si vous m’avez suivi) revivent enfin dans la sécurité qui caractérise tant les Pays-Bas. La solution ? La délocalisation voyons! Une petite recherche internet nous montre d’ailleurs que cette idée n’est pas toute neuve : en 2008 déjà, on parlait de délocalisation des coffee shops de Maastricht dans sa banlieue… Et donc, depuis mardi 27 septembre 2011, la décision a été prise, trois premiers coffees seront déportés en banlieue, et les coffee restants en ville sont réservés aux Néerlandais, Belges et Allemands, et ce, à partir de ce week-end!

Que Maastricht procède à l’ordre de déplacement de ces trois premiers coffee, ça ne plait pas du tout aux communes belges frontalières et environnantes… Loin de voir le gain financier très lucratif que cette arrivée va forcément apporter, eux voient les problèmes. On leur montre la lune, ils ne voient que le doigt. Plus précisément, c’est 5 communes qui entrent dans des croisades impossibles contre la décision de rapprocher ces 3 commerces de la frontière, contre le phénomène de vente tolérée et contrôlée de cannabis : Blegny, Visé, Fourons, Riemst et Lanaken. Les cinq communes ont décidé de prendre un avocat pour combattre l’incontournable développement de vente (presque) légale de cannabis, craignant en surface le déplacement du tourisme de la drogue vers leurs petits paradis belges… Et que va-t-il se passer maintenant ? Sans doutes pas grand chose, on assiste ici à un combat tel David et Goliath, quelques petits bourgs tentant de combattre deux choses : la stupidité et l’hypocrisie néerlandaise en matière de cannabis d’une part, et le cannabis en lui-même, son commerce, la consommation de ce dernier par de nombreuses personnes de tous pays, personnes dont les profils n’ont très souvent rien à voir avec ceux de criminels ou de consommateurs de drogues dures.

Une question me vient à l’esprit : quand est-ce que les hommes habitants de la Terre (il faut se le rappeler, on habite tous la même planète) arrêteront de vouloir tout étiqueter, interdire ou autoriser, tout contrôler au risque de se cramer la peau ? Quand est-ce que les plantes naturelles pourront retrouver leur statut naturels ? Quand est-ce que les hommes arrêteront-ils d’être stupides au point d’interdire des plantes et des animaux ? Des choses naturelles qui poussent et naissent naturellement ? Quand est-ce que l’homme stoppera de combattre la nature et de s’intéresser à tout ce qui brille ? Car ce qui brille n’est pas forcément richesse…

Cynoque pour TDME

Tags: avocat, Blegny, coffee shop, délocalisation, Fourons, hollande, Lanaken, loi, maastricht, Riemst, tourisme de la drogue, Visé

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