La drogue pèse plus lourd que les gens, aux yeux inexistants d'une justice même plus aveugle, mais censurée par ses chefs

La drogue pèse plus lourd que les gens, aux yeux inexistants d'une justice même plus aveugle, mais censurée par ses chefs

Que des journalistes soient en total accord avec des lois françaises obsolètes, des lois qui font perdurer une guerre perdue contre les drogues les drogués et leurs “dealers”, des lois qui ont des effets pervers tel l’apparition de nouvelles drogues sacrément chimiques, tel que la violence des mafieux et des caïds qui se battent pour garder des monopoles sur des marchés que l’état souhaiterai ne plus voir, mais qui existent et qui existeront toujours quoi qu’en disent ces messieurs de la presse, ou ceux du gouvernement hyper répressif, ces messieurs les magistrats toujours enclins à diaboliser le moindre soupçon pour l’ériger en accusation, passe encore.

Qu’ils participent à cette mascarade qu’est un procès (1) de vendeurs de ce que l’état ne veut surtout pas prendre en main de peur d’être traité de laxiste, alors qu’il serait l’inverse d’un état laxiste s’il allait dans le sens de la logique : les drogues existent, elles ont toujours existé et il y a un peu plus d’un siècle aucune n’était encore interdite, elles continueront d’exister et de faire leurs effets psychotropes, tout ce qu’on leur demande, là ça passe plus.

La presse se doit, apriori, d’être neutre, de se renseigner sur les sujets avant de critiquer tout en long en large et en travers, avant d’aller dans le sens des paroles de certains magistrats qui jouent les demi-mesures : dans certains cas, ils sont bien embêtés de condamner des malades qui se soignent en automédication, au cannabis, à la morphine, et dans d’autres, c’est les vilains vendeurs qui eux, ne méritent que mépris et froncements de sourcils. Mais ces vendeurs, quels qu’ils soient, on en a besoin pour remplir un rôle que le gouvernement ne veut surtout pas remplir, et il serait temps de s’en rendre compte. On ne considère pas un tenancier de coffee shop comme un grand délinquant ? Non ? Alors que ce qu’il fait est au même titre que ce que font les “dealers” des quartiers…

Je passe outre la stigmatisation des maghrébins que cette bonne vieille presse a pour habitude de prendre pour les boucs émissaires des français, participant bien plus qu’activement à l’opinion publique, depuis qu’ils ont été appelé à venir bosser pour nous parce qu’on avait plus assez de monde après guerre pour faire les basses besognes (oui mais françaises mon bon monsieur), les considérant comme des barbares à peine civilisés, des sous-hommes… Je passe outre et pourtant c’est un sujet qui me tiens à coeur. Ce qu’on reproche à ces 9 personnes de Châteaurenard c’est d’avoir rempli un rôle qui est nécessaire de toutes façons. Nécessaire mais interdit, comme de présenter sous un jour favorable les produits que ces 9 condamnés vendaient… Présenter sous un jour favorable toute infraction aux stupéfiants, d’ailleurs. De peur qu’on ne découvre que ces drogues vendues par des personnes présentées comme des parias, ne soient pas si mauvaises que ça au final… Présenter sous un jour favorable, mais attendez, c’est pas ce que je suis entrain de faire présentement ?

Arrêtez-moi, condamnez moi : j’écrit et je dis ce que je pense, j’use de ma liberté d’expression ! Quelle honte ! A l’assassin !

Ce qui est dommage ici c’est par exemple que cet article du journal La Provence, commence même très bien : il parle dans le premier paragraphe (à demi-mot, oui faudrait pas qu’ils déçoive certains de ses lecteurs assurément conservateurs) des avancées en matière de “considération du cannabis” qu’on fait certains pays… Je cite : “pour les dealers d’une drogue que certains pays tendent à ne plus considérer comme telle”… Oui mais ces personnes ne vendaient pas que du cannabis. C’est à croire que si ça avait été le cas, la clémence du tribunal aurait été évidente… Celle de la presse aussi. La vérité est toute autre. Ce n’est pas le procès de la cocaïne qu’on veut faire ici, mais celui de la drogue en générale, celui plus précisément de la branche “vente” de cette dernière.

Les “dealers” sont des criminels ? Sans eux, je ne pourrai pas consommer. J’ai donc besoin d’eux. Et je parle ici au nom de toutes les personnes qui fument, qui sniffent, qui injectent, et qui n’ont pas la chance de pouvoir auto-produire leur conso. Arrêtons donc l’hypocrisie qui est de mise sur le sujet et présentons nous comme nous sommes vraiment, des êtres-humains qui ont une petite faiblesse, celle d’aimer se faire du bien directement. Et ça n’est pas un crime. Si les “dealers” existent c’est qu’il y a une carence commerciale au niveau de certains produits qui restent interdits pour satisfaire certains lobbys, certains pas contents, certains citoyens qui se basent sur l’éducation mensongère qu’on leur a imposé depuis des dizaines d’années afin de leur faire peur. Comme de bons élèves, ils répètent ce qu’ils ont toujours lu, entendu : la drogue c’est mal, se droguer c’est mauvais pour la santé donc ça doit rester interdit. Seulement l’interdit n’a jamais été suivi, le nombre de consommateurs a explosé, la demande aussi, donc l’offre aussi, et le nombre de dealers, maillons nécessaires sur cette longue chaîne de causes à effet, aussi. La diabolisation n’a donc pas fonctionné, et aujourd’hui le monde va au plus mal. Des centaines de consommateurs du fait d’être considéré comme des délinquants, développent une forme de culpabilité, de peur, d’angoisse aiguë. Une psychose due uniquement à cette diabolisation gratuite. Et il est grand temps que ça change, ne serait-ce que pour un meilleur confort de vie pour ceux qui désirent consommer.

Notes

(1) un procès qui devient politique dès lors que l’ONU – ou d’anciens membres de cette organisation mondiale qui avait déclaré pourtant cette guerre ouverte il y a plusieurs dizaines d’années – a déclaré qu’il fallait changer de politiques au sujet des drogues ; dès lors que ne serait-ce que pour le cannabis, Daniel Vaillant a publié un rapport qui préconise d’encadrer les consommateurs, de leur mettre à disposition le produit qu’ils désirent tant, suivant des règles de santé publique, ce qui va dans le sens de ce qu’écrit et dit le maire de Sevran, une des villes françaises où on trouve le plus facilement de la drogue, qui souhaite pacifier sa ville au moyen de la légalisation, couper l’herbe sous le pied des dealers qui devront bien aller vendre autre chose

Tags: Arles, Châteaurenard, cocaïne, condamnation, procès

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