Source, le 3 novembre 2011

Journal de Montréal - Victime d'un grave traumatisme crânien en 1999, Dany Provencher, a une prescription médicale pour fumer 5 g de marijuana par jour

Journal de Montréal - Victime d'un grave traumatisme crânien en 1999, Dany Provencher, a une prescription médicale pour fumer 5 g de marijuana par jour

Un accidenté de la route dénonce la décision de la SAAQ de suspendre son permis de conduire, selon lui reliée à sa prescription thérapeutique de cannabis.

«C’est aberrant, déplore Dany Provencher. C’est une décision prise par un fonctionnaire qui devait cocher une case.»

Victime d’un grave traumatisme crânien en 1999, l’homme de 36 ans a eu une prescription médicale pour fumer cinq grammes de marijuana par jour, en janvier 2010.

«J’ai essayé tous les cocktails de pilules. À la fin, j’en prenais 17 par jour et je faisais des psychoses, raconte-t-il. Le pot m’a donné une qualité de vie.»

En mars dernier, il subit une autre blessure à la tête dans un accident de voiture, à Louiseville. Au cours des derniers mois, son médecin a augmenté sa dose de cannabis à 20 g par jour.

Son permis suspendu

Dans sa réclamation auprès de la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ), l’automobiliste indique qu’il a une ordonnance de cannabis thérapeutique. Or, le 13 octobre dernier, il apprend que la SAAQ suspend son permis de conduire.

«J’ai rempli toutes les feuilles, j’ai envoyé tous les papiers de médecins qui approuvent ma dose, rage-t-il. Si je n’avais pas fait de réclamation, ils n’auraient jamais su que je fume du pot et je n’aurais pas perdu mon permis.»

Du «cas par cas»

De son côté, la SAAQ explique que la consommation de cannabis thérapeutique ne mène pas directement à la suspension du permis de conduire. C’est plutôt l’état de santé physique et mentale du conducteur qui est évalué.

«Si la consommation de cannabis à des fins thérapeutiques s’avère abusive, ou crée une dépendance, le permis peut être suspendu. Mais, ce n’est pas automatique, explique la porte-parole de la SAAQ, Audrey Chaput. C’est l’état physique qui détermine si la personne est apte à conduire. C’est du cas par cas.»

Plusieurs cas répertoriés

Il semblerait par ailleurs que le cas de Dany Provencher ne soit pas unique, selon Marc-boris St-maurice. Le directeur du Centre compassion de Montréal, un endroit pour se procurer du cannabis thérapeutique, dit avoir entendu au moins cinq histoires semblables depuis trois mois.

«C’est alarmant. C’est un phénomène assez récent, mais les histoires commencent à s’accumuler, constate- t- il. C’est une stratégie de la SAAQ pour bloquer les réclamations des conducteurs.»

Dany Provencher a d’ailleurs l’intention de contester la décision de la SAAQ.

«Je ne me laisserai pas faire, ils n’ont pas pogné le bon gars, assure-t-il. Je n’ai plus aucune autonomie à cause d’eux.»

Tags: canada, marijuana médicale, Québec, Société d'assurance automobile du Québec, traumatisme crânien

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