24.02.2010

FRANCE | Pour boucler leurs fins de mois, des mères célibataires acceptent de garder chez elles des stupéfiants.

Elles sont souvent mères de famille, elles vivent seules et n’arrivent pas à joindre les deux bouts. Pour boucler leurs fins de mois, ces femmes ne gardent pas les enfants des voisins, mais la drogue des dealers de la cité. Dans le jargon policier, on les appelle les «nourrices». Au même titre que les mules, qui transportent la marchandise, ou que les vendeurs qui l’écoulent, les nourrices sont devenues un maillon essentiel du trafic de stupéfiants en France.

«J’élève ma fille seule. Vous croyez que je vais cracher sur 200 euros mensuels?» Cette réplique sort de la bouche d’une jeune femme arrêtée en octobre dernier à Marseille pour avoir stocké de grosses quantités de drogue à son domicile. Et de sources policières, son cas est loin d’être exceptionnel.

Engrenage infernal
En échange de quelques centaines d’euros, des femmes dans le besoin mettent leur logement à disposition de trafiquants qui cherchent à déjouer la surveillance policière. Les kilos de cannabis ou de drogues dures sont ainsi cachés dans les chambres, dans la cuisine ou sur le balcon. Les dealers, le plus souvent munis d’un double des clés, disposent des lieux quand bon leur semble. Autre objectif des trafiquants, éviter qu’on ne trouve de la drogue chez eux en cas de perquisition.

La rémunération de ces nourrices varie en fonction des services rendus. Selon la police, certaines d’entre elles gagnent entre 1000 et 2000 euros par mois, d’autres perçoivent un salaire en nature. Mise à disposition d’une voiture, paiement du loyer, des courses, voire de la cantine des enfants.

Une fois prise dans l’engrenage, difficile de renoncer, admet Laetitia devant les caméras de France 2. «Quand vous voyez que grâce à eux vous pouvez aller faire les courses tous les jours sans même vous demander comment vous allez faire demain, vous vous dites que vous êtes obligée de continuer.» Aujourd’hui repentie, cette mère de deux fillettes affronte quotidiennement des menaces de mort et des insultes. Mais elle avoue aussi avoir des visites plus surprenantes: celles de voisines en situation précaire, en quête de renseignements sur cette activité, certes lucrative, mais illicite.

http://www.24heures.ch/actu/monde/nourrices-stockent-drogue-2010-02-23

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