Iacm l’avait noté…

InformationHospitalière, le 27 mars 2012

Si le cannabis est une drogue douce dont l’usage est illicite en France, il est parfois autorisé à la consommation à des fins thérapeutiques. Actuellement, les THC (tétrahydrocannabinol) sont d’ailleurs utilisés chez des patients séropositifs afin de les soulager, de stimuler leur appétit ou de réduire l’état nauséeux. D’après une étude parue dans la revue PLoS ONE, certains composés cannabinoïdes pourraient réellement agir pour lutter contre le VIH/sida. En effet, ils activeraient des récepteurs spécifiques des cellules immunitaires humaines qui ralentiraient la progression du virus dans l’organisme avant de passer au stade “sida”.

Afin de comprendre le rôle que pourraient jouer les récepteurs cannabinoïdes dans la lutte contre le VIH, Cristina Constantino et ses collègues de la Mount Sinaï School of Medicine (NewYork) ont infecté avec le VIH des cellules immunitaires en culture, en bonne santé, puis les ont traitées avec des composés chimiques extraits du cannabis.

Les chercheurs ont ainsi constaté que l’activation de récepteurs cannabinoïdes parvient à bloquer le VIH et l’empêche d’infecter les cellules. En fait, une fois le virus dans l’organisme, ce dernier cherche à pénétrer dans les cellules immunitaires ayant des récepteurs CD4 à leur surface. Une fois contaminées, ces dernières sont incapables de combattre l’infection et c’est ainsi que virus se propage ans l’organisme. Toutefois, tant que le stade “sida” n’est pas atteint, le VIH ne peut s’attaquer qu’à des cellules immunitaires actives. Après, le virus mute et se sert des récepteurs de signalisation CXCR4 pour attaquer les cellules, même si elles sont au repos. En utilisant certains composés du cannabis, il est possible de déclencher les récepteurs cannabinoïdes situés à la surface de ces cellules est ainsi, de « brouiller la vue » du VIH, qui est alors incapable de les reconnaître, de se connecter aux récepteurs CXCR4, et ne peut donc pas les infecter.

Par ailleurs, les chercheurs ont montré que le processus fonctionnait avec les deux types de récepteurs cannabinoïdes CB1 et CB2. Toutefois, ils estiment qu’il est préférable d’activer CB2. En effet, seul un composé proche du cannabis permet d’activer CB1. L’utilisation de cette voie engendrerait des effets secondaires similaires à la prise de marijuana.

Forts de ces résultats encourageants, les chercheurs espèrent mettre au point de nouvelles thérapeutiques visant à ralentir la propagation du virus au stade avancé de la maladie. Des essais sur une souris génétiquement modifiée …

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