C’était il y a un an. Un jour de décembre qui, pour les policiers du SRPJ, ressembla à un 25 au matin avant l’heure. Ou le couronnement d’une enquête démarrée quelques jours auparavant et qui conduisit ces enquêteurs dans une cave de résidence, à Montpellier. Dans celle-ci ? Ils mirent au jour 19 kg d’héroïne et 144 de résine. Une belle prise venant conforter leurs investigations et ce renseignement anonyme faisant état d’un trafic de drogue qui durait dans le Clapas depuis plusieurs mois déjà.

Du côté des suspects, trois hommes furent arrêtés, dont un oncle et son neveu.

Un an plus tard, ces mêmes protagonistes se sont retrouvés à la barre du tribunal correctionnel. Tous sauf celui considéré comme étant le cerveau du réseau. À savoir : le fameux tonton qu’une erreur de procédure avait remis en liberté, avant que l’intéressé ne joue les filles de l’air en mettant quelques milliers de kilomètres entre son statut de trafiquant et la justice des hommes de l’Hexagone.

Mais outre la marchandise, téléphones portables, carnet de comptabilité artisanale et numéraire furent aussi “collectés” par les fonctionnaires.

Des policiers qui, analyse de la téléphonie en main, s’aperçurent aussi que deux des intéressés s’étaient échangés jusqu’à 5 300 coups de fil en deux mois ! Ne manquaient plus que les aveux. Las, ceux-ci ne sont jamais venus. Faisant dire au représentant du parquet : « Ce n’est certainement pas avec les déclarations passées ou actuelles que nous en saurons plus sur ce trafic. Ils se sont tus, ont nié des évidences, minimisé leur participation… » De quoi, à ses yeux, justifier ces trois, cinq et neuf ans de prison requis à l’encontre de chacun des prévenus. La dernière peine réclamée étant accompagné d’un mandat d’arrêt et d’une interdiction définitive du territoire.

Mais pour M e Gallix, son client « n’est pas un trafiquant mais quelqu’un de malade qui a pris de l’héroïne pendant deux ans ». Une drogue qualifiée par l’avocat comme étant « la plus dure, la plus dangereuse, celle des gens désespérés ».

Prenant la suite, M e Abratkiewicz l’a, lui, décidé : « Je plaide coupable ! Mais ce dossier n’est pas une réussite. Et l’on n’a pas mené toutes les investigations pour découvrir tous les protagonistes. Je suis convaincu que l’on a téléguidé les enquêteurs. Mon client, c’est la “petite main” de cette affaire. Quant à la drogue, elle était tellement coupée qu’elle contenait moins de 1 % d’héroïne pure ! » À l’issue, les magistrats ont condamné les deux prévenus à trois et quatre ans de geôle. Des peines assorties pour partie de sursis et de mises à l’épreuve. Quant à l’oncle envolé, il a écopé de neuf ans. Sans grand espoir pour la justice de le voir tomber dans ses filets.

Midilibre, le 29 décembre 2009

Source : http://www.midilibre.com/articles/2009/12/29/MONTPELLIER-Dans-la-cave-19-kg-de-schnouf-et-114-de-resine-1053174.php5

Image : http://www.flickr.com/photos/kafeole/117728855/ par kafeole “Corum”

Tags: actualité, condamnation, montpellier, résine, saisie

| Fil RSS des commentaires pour ce billet

Les commentaires sont clos.