AFP, 29.10.10

Les électeurs californiens décideront le 2 novembre prochain s’ils veulent faire de leur Etat l’un des territoires les plus progressistes au monde, en se prononçant sur la légalisation complète de la consommation, de la culture et du commerce du cannabis.

Dans un Etat où la culture et la vente de la marijuana à des fins médicales sont légales depuis 1996, la “proposition 19″ veut autoriser les Californiens de plus de 21 ans à posséder jusqu’à une once (28,35 grammes) de marijuana et à la cultiver sur une surface maximum de 2,32 mètres carrés (25 pieds carrés).

La culture à grande échelle et la commercialisation du cannabis — puis sa taxation — seraient également autorisées, mais leur mise en pratique serait laissée à la discrétion des villes et des comtés.

Cette dernière disposition ferait de la Californie “l’entité politique la plus en pointe dans le monde en termes de légalisation de la marijuana”, devant les Pays-Bas, déclare à l’AFP Ethan Nadelmann, directeur de la Drug Policy Alliance, une association militant pour la dépénalisation des drogues.

Politiques, syndicats, associations de défense des droits civils: la “prop 19″ a reçu de nombreux soutiens, notamment celui du milliardaire George Soros, qui a offert mardi un million de dollars aux partisans de la légalisation.

Dans une lettre ouverte, le philanthrope a repris les principaux arguments des défenseurs du texte, en affirmant que “réguler et taxer la marijuana pourrait à la fois faire économiser aux contribuables les millions de dollars dépensés en forces de l’ordre et en coûteuses incarcérations, et rapporter des milliards de dollars chaque année”.

La loi “n’apportera pas instantanément des milliards de dollars de revenus et ne mettra pas à terre en un clin d’oeil les cartels mexicains de la drogue, mais ce serait un grand pas dans cette direction”, assure M. Nadelmann.

Mais malgré ces soutiens, un récent sondage donnait le non vainqueur (49% contre 44%), après des mois de course en tête du oui. Car les opposants au texte sont nombreux, au niveau local, national ou international.

En Californie, les principaux candidats aux postes de gouverneur, sénateur ou procureur général sont opposés au texte. Et le ministre américain de la justice, Eric Holder, a assuré qu’il “envisageait toutes les options légales et politiques” en cas d’adoption du texte.

Des voix très fortes se sont également fait entendre au-delà des frontières. Mardi, à l’issue d’un sommet en Colombie, dix Etats latino-américains ont exprimé leur inquiétude, estimant que les Etats-Unis ne pouvaient à la fois “promouvoir la pénalisation de ce type d’activités dans d’autres pays et autoriser la légalisation ouverte ou voilée de la production de drogues sur leur propre territoire”.

Selon des statistiques des autorités fédérales, un peu moins de 7% des 37 millions de Californiens fumeraient du cannabis au moins une fois par mois.

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Tags: californie, usa

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